Santé mentale
Un guide pour faciliter les échanges entre généralistes et spécialistes // N° 84

 

 

En marge de la Journée mondiale de la santé mentale qui se tient le 10 octobre de chaque année, la Haute Autorité de santé (HAS) a publié un guide pour améliorer la coordination des soins entre généralistes et spécialistes de la psychiatrie.

Les médecins de ville sont en effet en première ligne pour assurer le repérage, le traitement des troubles légers et modérés, et l’accompagnement de troubles graves stabilisés. Ils sont aussi des acteurs précieux pour identifier les troubles somatiques, associés aux pathologies mentales. Mais des difficultés dans l’accès aux spécialistes, réticences dans le partage de l’information, et cultures différentes persistent. L’insuffisante coordination entre soignants, pourtant gage de la continuité des soins pour le patient, est l’un des grands bémols de la prise en charge en santé mentale en France, bien qu’une dynamique s’amorce.

La HAS ne promeut ni recette, ni baguette magique. « Ce guide a vocation à motiver les professionnels de santé en mettant à leur disposition des informations sur les initiatives de leurs confrères dont ils peuvent s’inspirer de façon pratique pour développer ou conforter une culture interprofessionnelle sur un territoire donné », lit-on.

Le guide définit trois objectifs opérationnels, les illustrant par des exemples de bonnes pratiques repérés sur l’ensemble du territoire et à l’étranger. Le premier consiste à identifier les ressources disponibles, en termes de professionnels, d’établissements, et de dispositifs. Le deuxième vise à développer l’échange et le partage d’informations en évitant certains écueils : des demandes peu claires, l’absence de réponse ou une réponse partielle pouvant conduire à des erreurs de prescription, la perte de confiance du patient… Le guide identifie les points de vigilance et suggère des outils de communication disponibles. Enfin, le troisième objectif opérationnel consiste à améliorer l’accès à des conseils de confrères, l’adressage d’un patient à un psychiatre ou à un généraliste, et le suivi conjoint. L’importance de la prévention et du suivi somatique et bucco-dentaire est aussi soulignée.

Si la motivation des soignants est essentielle, elle ne suffit pas. La haute instance attire l’attention sur l’importance d’une impulsion à différents échelons territoriaux. Les projets territoriaux de santé mentale, qui doivent être mis en œuvre d’ici à juillet 2020, devraient faciliter la coordination, espère la HAS. Celle-ci invite aussi les professionnels à travailler en équipe, via les équipes de soins primaires (ESP), les communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) et les communautés psychiatriques de territoire (CPT).

Par ailleurs, la HAS a dévoilé les trois thèmes de son nouveau programme de travail 2018-2023. Le premier concerne les droits et la sécurité en psychiatrie, et traite des questions autour des programmes de soins sans consentement ou de la prise en charge du psychotraumatisme chez l’enfant et l’adulte. Le second porte sur les troubles mentaux sévères et persistants et le handicap psychique, en incluant le champ social et médico-social. Enfin le dernier s’empare des problématiques liées à la pédopsychiatrie : prévention, diagnostic et traitement des troubles psychiques périnatals, coordination entre protection de l’enfance et services de pédopsychiatrie, continuité entre services enfants et adultes, prise en charge des tentatives de suicide chez les jeunes, etc.

 

Le Quotidien du Médecin du 10 octobre 2018.

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