Spondylarthrite ankylosante Le jeûne intermittent ou de Ramadan associé à une baisse de l’activité
Présentée lors du dernier congrès de la Société Française de Rhumatologie (SFR 2025) et publiée dans la Revue du Rhumatisme, une étude de cohorte longitudinale suggère que la pratique du jeûne intermittent durant le Ramadan pourrait être associée à une diminution significative de l’activité de la spondylarthrite ankylosante (SpA).
En effet, des chercheurs de l’Institut Mohamed Kassab d’orthopédie (Tunisie) ont conduit une étude de cohorte longitudinale visant à évaluer l’impact du jeûne du Ramadan sur l’activité de la SpA, définie selon les critères ASAS 2009. Ils ont ainsi enrôlé 40 patients atteints de SpA observant le Ramadan en 2025 (âge moyen : 48,23 ±11,83 ans ; durée moyenne d’évolution de la maladie : 7,49 ±6,2 ans). Les patients présentant une autre maladie inflammatoire chronique associée ont été exclus.
Les participants ont été évalués lors de 2 consultations : la 1re réalisée 3 à 4 mois avant le Ramadan et la 2e pendant le mois de jeûne, après au moins 10 jours de pratique. Les patients constituaient ainsi leur propre contrôle. Sur le plan thérapeutique, 62,5 % recevaient des anti-inflammatoires non stéroïdiens, 35 % un traitement de fond synthétique conventionnel (csDMARD) et 20 % une biothérapie (bDMARD).
Comparativement à l’évaluation pré-Ramadan, plusieurs paramètres cliniques et biologiques se sont améliorés durant la période de jeûne : diminution significative à la fois de la raideur matinale, des réveils nocturnes liés à la douleur, de la vitesse de sédimentation et de la CRP. Par ailleurs, chez 13 patients présentant initialement une activité plus faible de la maladie, une diminution plus marquée de l’activité a été observée selon l’Ankylosing Spondylitis Disease Activity Score (ASDAS).
Les auteurs concluent que le jeûne du Ramadan « est associé à une réduction significative de l’activité de la SpA » et qu’il pourrait « constituer une approche nutritionnelle prometteuse pour optimiser le contrôle de la maladie, en particulier chez les patients présentant une activité initiale modérée ».
Medscape du 2 mars 2026.
