Traitement médicamenteux de la gonarthrose Premières recommandations de la SFR //N°107

 

 

Les premières recommandations de la Société Française de Rhumatologie (SFR) concernent la prise en charge médicamenteuse de la gonarthrose. Elles s’adressent aux médecins généralistes et spécialistes (rhumatologues, chirurgiens orthopédistes, médecine physique et réadaptation, douleur), ainsi qu’aux paramédicaux, associations de patients et autorités sanitaires.

De ces recommandations, on retient 5 principes généraux :

  • Un traitement optimal doit combiner traitements pharmacologiques et non pharmacologiques.
  • Un traitement pharmacologique doit être personnalisé.
  • Un traitement pharmacologique a un objectif symptomatique et/ou fonctionnel.
  • Un traitement pharmacologique doit être réévalué régulièrement.
  • L’arthroplastie du genou doit être discutée avec le patient lorsque la gonarthrose se présente avec des lésions structurelles confirmées et un handicap délétère pour la qualité de vie, malgré un traitement (pharmacologique et non pharmacologique) bien conduit.

Concernant les traitements oraux, les recommandations de la SFR sont comme suit :

  • Le paracétamol ne doit pas nécessairement être prescrit de manière systématique et/ou continue, son efficacité étant significative sur le plan statistique mais pas sur le plan individuel, et son usage étant associé à un profil de tolérance variable.
  • Les AINS oraux doivent être utilisés pour une durée et à une posologie les plus faibles possible mais peuvent être proposés en première intention en l’absence de contre-indications ou de risque de complications gastro-intestinales.
  • Les opioïdes faibles seuls ou en association avec le paracétamol peuvent être proposés à visée antalgique mais leur prescription doit être scrupuleusement évaluée selon le profil du patient.
  • Les opioïdes forts ne sont prescrits qu’en cas de contre-indication chirurgicale ou si aucun autre traitement pharmacologique n’est efficace ou possible, toujours selon le profil du patient.
  • Les médicaments symptomatiques à action lente de l’arthrose (comme les insaponifiables, la glucosamine, la chondroïtine, la diacéréine…) peuvent être proposés mais n’ont pas d’effet chondroprotecteur démontré. Le texte rappelle que l’ANSM a contre-indiqué la diacéréine chez les plus de 65 ans et ceux présentant une hépatopathie.
  • La duloxétine hors AMM peut être envisagée en l’absence de toute autre alternative thérapeutique.

Pour ce qui est des traitements topiques, la SFR précise que selon deux méta-analyses, les AINS topiques peuvent être utilisés, avec une efficacité comparable à celle des formes orales. Elle souligne également que -selon une revue de la littérature- la capsaïcine faible dose (<1 %) semble avoir un effet analgésique, mais elle est souvent associée à des effets secondaires mineurs.

Quant aux traitements intra-articulaires (AA), la SFR rappelle que les injections AA de corticostéroïdes peuvent être proposées, notamment en cas d’inflammation avec épanchement articulaire. Il en est de même des injections AA d’acide hyaluronique qui peuvent être proposées, avec une efficacité comparable aux AINS oraux et sans effet chondroprotecteur. En revanche, aucune position n’a pu être établie concernant les injections de plasma riche en plaquettes (PRP).

 

Medscape du 30 novembre 2020.

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