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Troubles du sommeil chez les jeunes Une médicalisation en constante progression ! // N° 155

 

La pandémie de COVID-19 a marqué un tournant dans la prise en charge des troubles du sommeil chez les enfants et adolescents. Dès mars 2020, les prescriptions d’hypnotiques chez les 6-17 ans ont bondi de 15,3 %, atteignant +18,8 % chez les 6-11 ans, et cette tendance ne s’est pas inversée depuis. Entre 2016 et 2023, le taux de prescription mensuel est passé de 1,9 pour 1000 enfants à 6,8 pour 1000.

Parmi les 5 molécules étudiées (hydroxyzine, alimémazine, mélatonine, zolpidem et zopiclone), la mélatonine est de loin la plus concernée. Déjà en progression avant la pandémie (+2,2 % par mois), son usage a explosé en mars 2020 avec une augmentation de +155,3 %, particulièrement marquée chez les 6-11 ans (+188,3 %). Depuis, la hausse se poursuit à un rythme de +4,4 % par mois, tous âges confondus.

Les Z-drogues (zolpidem et zopiclone), en baisse avant 2020, ont connu une hausse immédiate de +29,1 % à l’arrivée de la pandémie, touchant principalement les 12-17 ans (+37,5 %), puis une augmentation mensuelle moyenne de +1,8 %. Les autres hypnotiques ont connu une évolution plus modérée.

Ces chiffres traduisent une médicalisation croissante face aux troubles du sommeil, en lien probable avec une dégradation de la santé mentale des jeunes, déjà mise à mal par la pandémie. Environ un quart des enfants souffriraient de troubles du sommeil, un chiffre qui grimpe à 50 % chez ceux ayant des troubles psychiatriques ou neuro-développementaux.

Bien que les recommandations préconisent en première intention des solutions non médicamenteuses, comme la thérapie cognitivo-comportementale, leur accès reste difficile, ce qui pourrait expliquer le recours accru aux médicaments.

Enfin, les auteurs notent que ces résultats ne permettent pas de savoir si l’augmentation est due à un plus grand nombre d’enfants concernés ou à un usage plus fréquent par enfant. D’autres traitements psychotropes non inclus dans l’analyse, comme les neuroleptiques ou les antidépresseurs sédatifs, pourraient également être impliqués.

Quoi qu’il en soit, cette étude souligne une tendance préoccupante, toujours présente 3 ans après la crise sanitaire, et appelle à renforcer les politiques de prévention en santé mentale, notamment dans le cadre de la future grande cause nationale de 2025.

 

 

Medscape du 9 avril 2025.

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